10 ans de Hamas. Ça se fête!

Le 14 juin 2007, le mouvement islamiste prenait le pouvoir dans la bande de Gaza.
Depuis, la situation économique s’est dégradée, nourrissant son discrédit.

Face au manque, les Gazaouis ne sont toutefois pas tous  logés à la même enseigne, qui varie selon les liens avec le Hamas. « La population reproche au Hamas, et notamment à ses brigades et à ses fonctionnaires, de profiter de l’électricité alors qu’elle, elle en est privée », indique Leila Seurat, chercheuse associée au Centre de recherches internationales (Ceri) et spécialiste du Hamas. En dix ans, la désillusion a ainsi gagné la population gazaouie vis-à-vis d’un mouvement qui, pourtant, avait remporté les législatives en 2006.

Des institutions néanmoins consolidées
L’autoritarisme du Hamas contribue à son discrédit. « La plupart des manifestations sont réprimées par la force, ce qui prouve que le Hamas n’a guère d’autre moyen pour légitimer son pouvoir, marqué par l’usure », poursuit Leila Seurat. Ayant puisé une grande partie de sa légitimité dans les guerres contre Israël – au nombre de trois en dix ans, dont la dernière en 2014 –, qui ont entretenu l’image de la « forteresse assiégée » selon la chercheuse, le Hamas se trouve désormais en mal d’arguments pour retrouver du crédit.

Ses dix années de contrôle de la bande de Gaza lui ont néanmoins permis de consolider ses institutions – ses services de sécurité notamment – et ses relations extérieures – avec son allié iranien par exemple. « De facto, un mini-État s’est implanté à Gaza, explique Leila Seurat, ce qui accentue la séparation avec la Cisjordanie. » Et réduit les perspectives d’unité pour les Palestiniens.

Une guerre fratricide depuis dix ans
Le parti islamiste Hamas aux commandes à Gaza boycotte les élections municipales qui se tiennent uniquement dans la Cisjordanie dirigée par le Fatah du président Mahmoud Abbas.
Mais en raison d’une guerre fratricide qui sévit depuis plus de dix ans entre l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas et le Hamas, le parti islamiste aux commandes dans la bande de Gaza, les élections n’ont pas lieu pour les deux millions d’habitants de Gaza (elles avaient déjà été boycottées en 2012). Le scrutin dans l’enclave palestinienne a en effet été reporté sine die par la Haute cour de justice.

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