Dangerosité du glyphosate: quand l’Union européenne copie-colle un rapport de Monsanto

En 2015, un rapport de l’Union européenne avait conclu à la non dangerosité du glyphosate. Mais selon l’enquête de RMC, une centaine de pages de ce rapport sont de simples copier-coller d’un rapport de 2012 élaboré par Monsanto.

L’Union européenne a-t-elle menti sur la dangerosité du glyphosate, cet herbicide controversé? Le glyphosate est le principal composant du Roundup, herbicide produit par Monsanto et classé cancérigène par l’Organisation mondiale de la Santé en 2015.

Pourtant, en 2015, un rapport de l’Union européenne avait conclu à la non-dangerosité de ce produit. Mais RMC a constaté qu’au moins une centaine de pages de ce rapport ont été directement copiées collées d’une étude de Monsanto. Ces passages repris mot pour mot concernent des points cruciaux du rapport sur les risques de cancer et d’impact sur la reproduction. Toutes les études sont concernées, y compris celles présentées comme des études indépendantes.

Les études prouvant la dangerosité de l’herbicide jugées non fiables

Et toutes les études qui tendent à prouver la dangerosité de l’herbicide sont rejetées comme non fiables par l’Union européenne. Par exemple, dans une étude menée au Paraguay, les résultats établissent un lien entre l’exposition aux herbicides et des enfants nés avec une malformation. Cette étude n’est pas fiable selon les experts européens qui estiment qu’elle doit être approfondie. Sauf que là encore, c’est ce que disait mot pour mot Monsanto. Et l’Union européenne ne s’est pas penchée sur cette étude.

Pourtant en juin dernier encore, l’Autorité européenne de sécurité des aliments déclarait que chaque étude scientifique avait été examinée par les experts européens. Et la Commission européenne a de nouveau affirmé jeudi qu’il n’y avait aucune raison de remettre en cause ces évaluations scientifiques.

Le sujet est d’autant plus explosif que c’est en grande partie sur ce rapport de l’Autorité européenne de sécurité alimentaire, que vont s’appuyer les pays européens pour renouveler ou non l’autorisation de cet herbicide dans trois semaines.

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