La technologie de lévitation magnétique Maglev pourrait bientôt ouvrir la voie à des véhicules ultra-rapides et sans conducte

C’est une idée d’un étudiant de design, Wang Jia qui a participé au Volkswagen People’s Car Project lancé par Volkswagen en Chine. Ce concept vient du rêve de Jia d’aider à décongestionner les routes dans sa ville natale de Chengdu dans la province de Chine du Sichuan.

Lorsque Simon Loasby a demandé aux consommateurs chinois d’imaginer la voiture du futur, il a reçu 120 000 esquisses et réponses argumentées. Le directeur du design de Volkswagen Chine n’imaginait pas que sa requête susciterait une telle passion. Il a surtout découvert, en examinant les projets de sa consultation publique, que le véhicule rêvé n’était ni un engin spatial ni une Formule 1 urbaine, mais une « voiture qui flotte ». Une auto aimantée qui glisserait au-dessus du sol, selon le principe de lévitation magnétique (Maglev) sur rail.
« Ce choix n’est pas si étonnant, affirme Simon Loasby : la technologie Maglev fait partie du quotidien, ici à Shanghai, puisque le Transrapid, le train qui relie l’aéroport au centre-ville à 430 km/h, utilise cette technologie sans à-coups ni vibrations. » Parmi la pile de projets, celui d’une étudiante du Sichuan a été repris en main par la marque allemande pour en faire une vidéo promotionnelle : un cocon vitré qui se déplace au milieu des ruelles, à quelques centimètres du sol, devant des passants interloqués (voir ci-contre).
S’il reste encore bien du travail avant que la voiture ne s’émancipe des rails, le potentiel technique est réel. « Nous sommes à l’affût des innovations sur la supraconductivité – le transport de l’électricité sans perte d’énergie grâce à des matériaux à résistance nulle – afin de les adapter à la voiture du futur, indique Simon Loasby. La révolution qui pourrait toucher le secteur automobile est de l’ordre de celle des smartphones en matière de communication », s’enthousiasme-t-il.
La technologie Maglev repose sur la force électromagnétique, permettant au convoi de « voler » à quelques millimètres au-dessus des rails, selon un double processus de sustentation, comme quand deux aimants se repoussent, et de propulsion. Une technologie rapide, car il n’y a pas de frottements entre le véhicule et son support, sûre, car les convois sont cadencés automatiquement, mais très coûteuse, parce qu’elle nécessite un circuit magnétique différent de celui des trains traditionnels et des autoroutes asphaltées.
Des infrastructures lourdes
De quoi entraver le développement international du Maglev, au grand désespoir de l’Américain Larry Blow, qui se démène depuis vingt-cinq ans pour la diffuser aux Etats-Unis avec sa société de conseil MaglevTransport Inc. « L’application aux véhicules personnels pourrait changer la donne, espère le consultant. Il faut faire confiance au secteur privé. Regardez les progrès de la voiture électrique en une dizaine d’années : on peut imaginer la même chose pour les voitures à lévitation magnétique. Il suffit d’un prototype réussi pour attirer la confiance des consommateurs. »
Mais Larry Blow ne détient pas non plus la clé pour se passer des rails. « Le principal challenge concerne l’interaction entre la voiture et la route. Il faudrait ainsi développer des infrastructures très élaborées permettant de se déplacer en circuit ouvert. » Voire, comme dans la vidéo présentée par Volkswagen, d’imaginer que le sol lui-même – ruelle, départementale ou autoroute – soit chargé en énergie, comme l’est un aimant…
Contrôle par ordinateur
En attendant cette route « magique », les premiers concepts de voitures en sustentation misent sur la vitesse et la dimension pratique. Sous son capot chromé aux lignes épurées, le MagLev Racer, dessiné par Eduard Gray pour un concours organisé par Peugeot, n’est pas destiné aux circuits de course, mais bien à s’insérer au sein d’un trafic automatisé à vitesse constante. « Grâce à un contrôle par ordinateur, le véhicule pourra dépasser les 400 km/h sans risque, explique le designer basé à Stockholm, en Suède. On peut imaginer un convoi de voitures Maglev roulant bien droit de retour de discothèque, ou utiliser l’habitacle comme un bureau mobile, en ayant les mains libres pour travailler pendant que la voiture rejoint sa destination préprogrammée. »
Les industriels de la mobilité planchent déjà sur la période transitoire, entre les routes d’aujourd’hui et les pistes aimantées du futur, qui ne devraient pas voir le jour avant les années 2050. Primé au concours Michelin Challenge Design 2014, l’AKA24 – imaginé par trois designers et ingénieurs chinois – répond à ces exigences hybrides. Ce bolide à roulettes, à carrosserie pivotante, pourra être manœuvré de façon traditionnelle, avant de se redresser et de se coller aux rails de la piste magnétique.
« L’idée est de pouvoir rejoindre les mégalopoles du futur dans des sortes de “trains personnels”, décrypte Ben Ebel, designer industriel chez Michelin, tout en étant à même de garder la main sur le volant dans les petites rues ou pour se garer. » Un véhicule incongru, entre voiture pilotée et machine autonome. « Il est fondamental pour le public de garder ce sentiment de liberté, notamment pour les Américains », met en garde le designer. « Avec le Maglev, on commencera déjà à voler, même si ce n’est qu’à quelques centimètres du sol ! »

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